Le 13 juillet dernier, vous avez souhaité m'interpeller sur le projet de loi portant réforme des retraites, qui va être discuté au Parlement dès cet été.
Au-delà des divergences de vue et de nos désaccords, permettez-moi tout d'abord de vous redire à quel point c'est dans un esprit de dialogue que j'agis en tant que parlementaire.
A l'heure où vous vous retrouviez pour votre manifestation, je recevais ainsi à l'Assemblée nationale une délégation de la CFTC afin de recueillir leurs propositions. Si je ne partage que rarement les grandes orientations des organisations syndicales représentatives sur l'avenir de nos retraites, ma porte reste ouverte à toutes les sollicitations et ma détermination à maintenir le contact avec les partenaires sociaux est totale. Il en va des valeurs républicaines qui fondent notre pacte social.
Je prends acte de la fermeté de votre opposition au report de l'âge légal de départ en retraite ou au dispositif de prise en compte des carrières longues et des travaux pénibles. Pour ces dernières, je considère pour ma part qu'il s'agit là d'une avancée sociale significative et de la poursuite du travail accompli par la loi Fillon de 2003. D'autres mesures pourront en outre être discutées dans l'avenir, notamment le renforcement de la médecine du travail. Si nous devons accepter de travailler plus longtemps, nous devons être plus attentifs à la santé tout au long de la vie active.
Malgré notre division sur les propositions du Gouvernement, nous pouvons tenter de nous retrouver sur le diagnostic, à défaut de nous réunir sur la décision du Gouvernement. Vous indiquez à juste titre que la hausse de l'emploi et la relance de l'économie demeurent une piste pour rééquilibrer les comptes de l'assurance vieillesse. Cependant, l'allongement de l'espérance de vie et le vieillissement de la population entraînent une évolution profonde et durable de notre société, dépassant largement la conjoncture économique et faisant baisser le ratio actif/retraité de façon aussi rapide que profonde.
Deux choix s'offrent : la facilité pourrait nous amener à laisser tel quel notre système de retraite par répartition en prenant le risque de ne pouvoir le sauver lorsque les déficits auront atteint un niveau insupportable ; le courage et la responsabilité nous commandent de prendre les mesures nécessaires pour permettre à chaque Français de disposer d'une pension décente fondée sur la solidarité entre les générations.
Si nous ne faisons rien aujourd'hui, nos concitoyens seront contraints de s'en remettre pour leur retraite au « tout marché », accessible pour les plus riches mais inenvisageable pour les plus modestes.
C'est cette seconde option que le projet du Gouvernement entend suivre. La plan que nous nous apprêtons à discuter est équilibré car il demande à l'ensemble des Français de faire des efforts partagés tout en imposant une participation nouvelle et plus importante aux hauts revenus et au capital.
Naturellement, le débat va se poursuivre à la rentrée, avec les parlementaires de tout bord et les partenaires sociaux. La détermination et l'écoute, telle doit notre ligne de conduite.
Sachez que j'y resterai fidèle.

Pour Arnaud Robinet, la politique n'est pas une prébende: c'est une mission au service de la collectivité. Et c'est parce qu'il est profondément attaché à sa ville et à son département, c'est parce qu'il est convaincu qu'il peut améliorer la vie des gens qu'il a été élu conseiller municipal délégué de Reims dès 2001, puis député de la Marne dès 2008.
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Posté le Ven. 16 Juil. 2010 10:51





